A chacun sa place

Qu’elle est agréable cette séance de massage. Merci Papa Noël, de m’avoir offert ce moment de bien être, 45 minutes coup d’éclat ; c’est pile poil ce qu’il fallait pour que je me sente belle, avant le réveillon.

J’ai l’impression que la spécialiste beauté qui s’occupe de moi s’y connaît parfaitement. Elle a une manière de réaliser son protocole qui ne laisse aucun doute sur son professionnalisme. Elle parle avec douceur, je me demande si c’est finalement à moi qu’elle s’adresse ou si elle chantonne, car elle n’a pas l’air d’écouter mes réponses.

Elle a l’air tellement heureuse de faire son métier, que je m’abandonne â ses mains. C’est sûrement ce qu’elle recherchait après tout.

J’ai l’impression qu’elle pense à chaque partie de mon corps. Elle me demande de me mettre sur le ventre, le dos… Je savoure chaque instant de ce moment de pleine détente ainsi que la douceur de ses mains sur mon corps.

C’est alors que je sens la chaleur d’un liquide se répandre dans le creux de mon dos. La différence thermique me fait inspirer profondément. L’odeur qui accompagne cette sensation me rappelle des vacances d’été au soleil ; il y avait un champ d’Oliviers juste à côté de notre résidence.

L’huile chaude me couvre à présent tout le corps, et Madame continue de me masser amoureusement ; cela me fait frissonner.

Le décor est somptueux, il y a des luminaires tout autour de moi et tous aux couleurs de la fête : des étoiles, des guirlandes, les petites ampoules qui scintillent ressemblent à des pierres précieuses que j’aimerais décrocher l’une après l’autre pour égayer ma parure.

Soudain, une odeur d’orangers. De petits zestes sont repartis le long de ma colonne pour me parfumer jusqu’au creux de mes jambes.

J’ai à présent la peau qui brille de mille feux, on me croirait recouverte d’or tellement je suis luisante. Puis, le noir total, un froissement de papier aluminium se fait entendre et me recouvre la tête. Le coup d’éclat est terminé et je sens qu’il fait de plus en plus chaud alors qu’on me transporte.

J’entends la porte se fermer, il fait chaud, très chaud… la température doit être de 180 degrés et je me rends compte alors que comme toutes les autres, j’ai été manipulée depuis le début.

Je ne suis qu’une dinde.

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