Un caractère bien trompé

elegance

J‘entrai dans le bar, après avoir ouvert la porte à la serveuse, qui terminait son service. Je m’installai au comptoir sans écouter les murmures autour de moi quand soudain je compris qu’il me parlait.

– Je vous donne 500€ !
– Même pas en rêve !
– 2500€ alors ?
– Vous êtes complètement fou
– Ok, combien tu prends ?

Il riait et m’avait sorti d’un long moment de méditation sur mes affaires de la journée. Les politesses n’avaient pas duré bien longtemps et il n’avait pas l’air d’avoir beaucoup d’argent.

Les enchères montaient alors que l’objet de convoitise n’avait même pas de valeur. Cependant, il était plutôt moqueur et sa jovialité me donnait envie de poursuivre son semblant de jeu. De toute façon, le temps que ma femme rentre, je n’avais rien d’autre à faire que de discuter avec cet homme, qui m’avait l’air d’être un habitué des lieux.

Le Tigger était un bar et lieu de rencontre de nombreux énergumènes mais j’avais rarement l’occasion de m’y attarder vu les heures tardives auxquelles je rentrais et la réputation de l’endroit. Seulement, le seul soir où j’ai un peu d’avance et décidé de préparer un bon dîner avant que Sylvia rentre de l’hôpital est le jour que je choisis pour oublier mes clefs. Le bureau étant à 1h30 de mon appartement, je préfère prendre l’option patience.

Les habitués du bar devaient se demander pourquoi un homme en costume et mallette Gucci siégeait alors devant le comptoir, dans un endroit réputé pour son insalubrité et connu pour être le repère de dealers, mendiants et autres forcenés du coin. Or il se trouve, qu’entre un bon verre de ricard ou attendre dehors par -15 degrés, le choix est vite fait.

– Eh, tu m’écoutes quand je te parle ?

L’homme qui me parlait sentait la vieille armoire ; celle qu’on laisse fermée au grenier, pendant des années avant de se rendre compte, que le « vintage » est finalement revenu à la mode et qu’il serait bienvenu de ressortir notre service vaisselle de 1960. Ses cheveux étaient mi-longs et gras, ses ongles noirs ; à en déduire qu’il ne devait pas souvent passer par la case salle de bain. Sa chemise était partiellement tâchée de vert, on aurait dit des traces d’herbes, comme s’il dormait dehors. Cela n’aurait pas été étonnant vu son état de propreté. Ses yeux étaient vides et pochés, surement l’excès d’alcool ; il n’avait pas fière allure. Une barbe de quelques mois parsemait ses joues et avait encore l’air de contenir quelques restes de son repas de midi, ou peut-être celui de la veille. Je ne pouvais dire s’il était trentenaire ou s’il avait la cinquantaine. Néanmoins, son collier de poils longs aux dominantes rousses laissait penser qu’il n’avait pas encore atteint la retraite. Quand bien même, il n’avait pas l’air de travailler. Je descendis mon regard pour jeter un œil à ses chaussures et ne fut pas surpris de voir que sa chaussette gauche n’avait pas les mêmes tons que sa chaussette droite.

Je regardais l’heure ; 20h40, il y avait encore 20 minutes à tuer avant le retour de Sylvia.

– Je t’écoute, où en étions-nous?
– 3 000 € et on en reste là. Me dit-il en continuant de miser.

J’avais entre temps oublié de quoi nous parlions, mais le vieillard était attachant et avait l’air de connaître du monde. Je décidai de le suivre dans son délire, cela ne servait à rien de chercher à comprendre car toutes ses paroles étaient de toute manière dénuées de sens. C’était presque amusant et je me félicitais de tenir compagnie à ce mendigot, ce serait finalement ma bonne action de la journée. Je continuai tout de même discrètement à jeter des coups d’œil autour de moi afin de repérer s’il n’y avait personne que je connaissais, qui aurait pu me surprendre à discuter avec un clochard.

– Je n’accepte rien en dessous de 5.000€ ! Lui répondis-je.

Ses yeux s’illuminèrent, j’eus presque entre-aperçu un moment de lucidité puis il explosa de rire, un rire perçant qui ne collait pas du tout à sa voix rauque. Un détail.

– Vendu ! S’exclama-t-il avec joie.

Nous nous serrâmes la main pour accord, et continuâmes de rigoler, du moins simuler le rire pour ma part, autour de sujets sans grande importance et manquant cruellement de distinction, tels que la poitrine de la serveuse, les résultats du loto ou encore le goût des olives, servies et resservies d’un client à l’autre. Mon nouvel ami avait l’air ravi d’avoir un acolyte et sous ses airs de grand joueur, je finis presque par lui trouver une once de sympathie et un peu plus de charme, que lors de ma première impression.

Ma femme Sylvia m’appela à 21h pile. Dix minutes plus tard nous étions dans notre appartement. Elle avait l’air épuisée et vraiment de mauvaise humeur. Elle me fit remarquer que j’avais mauvaise mine, en plus d’être tête en l’air.

– Ton manteau est vraiment naze. On dirait un court sur pattes !

Elle parlait du manteau beige en cashmere, que je porte depuis 4 ans et qui me donne – normalement – une allure d’homme de l’année GQ. Du moins, c’est ce que me disent mes collègues de la gente féminine quand elles me voient arriver le matin.
Je tente une caresse, en vain. Elle me repousse. Etonnant.

Le lendemain, alors que prenais le train pour aller au travail, je repensais à cette rencontre de la veille. Cet homme m’avait touché et j’eus envie de poursuivre ma bonne action en lui rendant à nouveau visite ce soir. Puis, je pensais à la même chose chaque matin ; et chaque soir j’étais finalement pressé de rentrer chez moi.

« Vous êtes arrivé à Flamanville »

Je n’en peux plus de cette voix du train qui me réveille chaque matin et de ces gens plus aigris les uns que les autres. Je me dépêche d’en sortir.

– Mais ca ne va pas, non ?! Monsieur !

Je me rends alors compte que je viens juste de violemment claquer la porte de la gare derrière mon passage, sur cette charmante demoiselle qui me jette à présent un regard noir. Mon sourire habituel et mes fossettes ne font cette fois-ci pas effet et je bénéficie de quelques jurons en prime.

Dans le bus qui m’emmène jusqu’à l’entreprise, j’ai le droit à ma deuxième réprimande après avoir refusé de me lever pour une femme prétendant être enceinte. J’ai l’impression que tout le monde me dévisage depuis ce matin. Enfin, j’ai pour habitude d’être regardé mais c’est plutôt positif en général, pour ne pas dire que j’aime m’occuper en jouant de mon charme. J’apprécie délicatement les jeux de sourire et croisements de regard avec les parfaites inconnues. Parfois, je m’amuse à prendre ma voix qui chantonne et souligne mon accent du soleil pour demander ma route habituelle aux jolies demoiselles du quartier. Mais ce matin, tout a l’air différent ; je me sens insignifiant, ignoré, mes sourires sont des allers sans retour et j’ai plutôt l’impression d’être dévisagé que regardé. Même Sylvia, ne m’a pas dit que j’étais beau ce matin alors qu’elle est plutôt répétitive sur le sujet.

J’arrive au bureau ; Mélinda, la fille de l’accueil ne m’adresse pas un regard au moment de passer le sas d’entrée.

– Salut Mélinda ! … Mélinda !

Je le prends à cœur, c’est une fille que j’apprécie beaucoup et nous avons pour habitude d’échanger le matin sur les aventures de la veille ou encore le style de plus en plus excentrique des jeunes de la boîte. Elle sait exactement à quelle heure j’arrive et s’empresse de me sortir mon planning de visites de la journée. Je ne parle pas de Mélinda à Sylvia, car elle serait jalouse alors qu’il n’y a pas de quoi. Mais aujourd’hui, Mélinda me paraît vraiment radieuse et je me surprends à la regarder lourdement.

– Joli décolleté Mélinda !

Elle me renvoie un regard étonné.

– Excuse-moi ?

Je me rends compte de la lourdeur de mes mots. Comment ai-je pu dire çà ? Moi, Franck, l’homme à qui l’on a décerné la médaille de la classe internationale aux 30 ans de la société ? La honte !

– Désolé, Mélinda, vraiment. Ce n’est pas ce que je voulais dire, enfin ce que je regardais.

– Ton planning. Me répond-elle en me tendant le morceau de feuille A4. Et tu devrais aller faire un tour aux toilettes, tu as du petit pain dans les dents !

La honte, doublement.

Je passe aux toilettes avant d’aller saluer l’équipe.

Je me regarde dans le miroir. J’essaie tant bien que mal d’enlever les morceaux de pain au chocolat à l’aide de la feuille A4 blanche remise par Mélinda, en espérant que personne n’entre à ce moment. Je ne me trouve pas au meilleur de ma forme aujourd’hui, mon visage est terne par rapport à d’habitude.

Du haut de mes 1m85, mes yeux noisettes et ma garde robe luxueuse, je suis un homme plutôt convoité. Mes interlocuteurs me font souvent remarquer que mes yeux racontent des histoires. J’aime plaire et j’ai une bonne réputation dans l’entreprise, étant vu comme un homme de la “vieille école”. Galant avec les demoiselles, jamais un mot déplacé, bien que des airs charmeurs. J’estime d’ailleurs que nous avons énormément de chance d’avoir les femmes dans notre société et je les remercie chaque jour pour leur présence. Certes, j’aime les femmes mais je pense aussi que c’est un devoir de servir mesdames et que nous, homme, avons pour mission de les satisfaire et les courtiser pour qu’elles se sentent belles. Ma classe naturelle attire les femmes et j’ai tendance à avoir de l’influence dans mon département, essentiellement féminin.

Je ne me reconnais pas dans les écarts de comportement et d’attention, que j’ai pu avoir ce matin.

– Reprends toi, Franck ! Me dis-je, en repensant à Melinda.

Je me regarde d’un peu plus près dans le miroir ; j’ai l’impression de me voir vieillir, enfin pas moi mais mon reflet. Il est totalement avachi, ses épaules sont lourdes et ses mèches blondes n’ont pas leur brillance habituelle. Les cernes sous ses yeux soulignent un visage fatigué et lui donne une certaine tristesse. Il n’a pas sa forme habituel. Il a une allure bien plus fière d’habitude ! Aujourd’hui, il est gris, sans éclat, l’air las ; nous pourrions presque lui déceler quelques repousses d’une barbe de 2 jours, tirant vers le roux.

Je lui conseille de se reposer un peu et reprends la direction de mon bureau.

Les jours passèrent et je multipliais les écarts de conduite ; que ce soit au niveau de mon vocabulaire mais aussi dans mes habitudes vis à vis des autres. Au bout de quelques semaines, ma responsable ne m’adressait plus la parole. Pourtant, elle est plutôt du genre à me faire les yeux doux.

Sans compter les deux filles du service client avec lesquelles j’ai l’habitude de déjeuner une fois tous les deux jours. Cela fait maintenant plusieurs semaines qu’elle refusent mes propositions et que mon charisme est au point mort.

– Franck, tu fais du bruit avec ton chewing-gum, tu ne veux pas le jeter ?
– Oui, et si tu pouvais arrêter de soupirer aussi !

C’est vrai que je suis bruyant aujourd’hui. Je ne m’en était pas rendu compte. Moi qui suis plutôt silencieux et le premier à me plaindre à l’entente de bruits parasites. Décidément, quel manque de savoir-vivre !

Je repensai à cette demoiselle sur laquelle j’avais lâchement laissé se refermer la lourde porte de la gare quelques semaines auparavant et me fis la réflexion que cela faisait longtemps que je n’avais pas eu de geste galant envers Mesdames.

Je n’aime pas cette journée et encore moins cette pause déjeuner. Camille, ma voisine de bureau me boude car j’ai pris la dernière part de tarte aux épinards, alors qu’elle ne mange pas de viande et qu’il ne restait que du bœuf. Pas cool. Les regards se rivent sur moi, c’est alors que je comprends que je suis le sujet de leurs messes basses.

– Regarde ta chemise ! Tu ne sais plus te tenir?

Mon manteau, puis ma chemise… Il y en a des fautes de goût dis-donc. Sans trop rien dire, je baisse les yeux et remarque alors deux jolies auréoles couleur vert épinards au niveau de ma poitrine. Je me surprends à leur répondre la bouche pleine, ce qui leur donne encore plus de grain à moudre.

Je suis assez susceptible et j’ai tendance à prendre les commentaires des autres au premier degré mais ces derniers temps, j’ai remarqué que le comportement des autres était vraiment différent de d’habitude. Enfait, je crois que mon comportement aussi, est différent. Mes collègues m’adressaient de moins en moins la parole. Sylvia n’avait plus envie de moi. Je m’étonnais des réactions misogynes  et totalement déconnectées de mon comportement habituel. J’hésitais à consulter un médecin pour comprendre d’où venait ce changement brutal de caractère ; peut-être la pleine lune ? Moi-même je tendais à me trouver lourd et insupportable.

Nous sommes jeudi. A l’heure du déjeuner, je me retrouve seul car tout le monde a décliné mes propositions et la moitié des filles de mon service ne m’adressent plus la parole.

– Il me faut un café. Pensai-je à la fin du déjeuner.

A la cafétéria, je tombe sur Mélinda au comptoir. Le serveur prend ma commande.

– Un café s’il vous plaît.
– Sympa pour les autres ! me souffle Mélinda que j’ai pour habitude d’inviter le jeudi, avant qu’elle ne prenne son après-midi de télétravail.

– Désolé Mélinda, j’étais ailleurs. J’ai oublié qu’on était jeudi.

Elle est pulpeuse aujourd’hui ; je prendrai bien mon après-midi moi aussi.

– Franck, tu ne peux pas être plus discret ? Me fit remarquer Mélinda.

Je relève immédiatement les yeux et m’avachis sur la chaise haute du bar. Je décide de l’inviter pour me faire pardonner et tâte la poche de mon manteau.

En voulant prendre la monnaie, je sens des bouts de papier dans ma poche, comme des billets. Plusieurs billets. Je regarde discrètement. Des billets de 50€ se suivent les uns les autres. Je ne sais pas combien il y en a, je ne peux pas les compter maintenant. La monnaie est dans l’autre poche ; dans laquelle je sens une autre liasse de billets.

J’ai du me tromper de manteau. Je trouve pourtant mes cartes de visite dans les poches intérieures.

– Qu’est ce qu’il t’arrives Franck, tu es vraiment bizarre en ce moment ?

Rien Mélinda, tu me gonfles, va boire ton café toute seule. Lui rétorquai-je, en parlant un peu trop fort puisque j’eus l’air de surprendre les personnes à côté.

Je bus mon café d’une traite et le posa un peu trop brutalement sur le comptoir, ce qui me valu quelques regards désobligeants. Je filai aux toilettes et en profitai pour m’enfermer à double-tours et analyser les liasses de billets de mes poches.

500, 600, 900, 1000 … Après vingt minutes à compter et recompter ; le compte y était ; 5.000€.

– Le salaud !

Trépignant jusqu’à la fin de ma dernière réunion, je me hâtais de prendre le train.

Vingt-et-une heures. Retour à la maison, je fis un crochet par le Tigger pour retrouver le vieillard, qui avait l’air de m’attendre.

– Je t’attendais. Tu ne pensais pas que j’étais un homme de parole ?
– Je ne comprends rien de ce que tu me dis, mais je ne veux pas de ton fric. Tu n’as cas régler tes histoires tout seul !
– Enfin Franck, c’est ton argent, tu ne te rappelles pas de notre accord ? Je ne me rappelais surtout pas lui avoir donné mon prénom.
– Quel accord ? D’où vient cet argent ?

Le soulard prit son air stupéfait. Je me trouvais un peu dur, à l’avoir qualifié de mendiant la première fois. En effet, il avait plutôt bonne posture, et sa barbe n’était pas si mal taillée finalement quand elle était propre. Je devais être fatigué le soir de notre rencontre. Il y avait quand même toujours les tâches sur son T-shirt qui laissait penser qu’il dormait toujours dehors, cependant l’association de ses fripes était plus homogène. Il inspirait confiance et assurance. Il avait un certain raffinement que je ne lui avais pas remarqué lors de notre dernière entrevue. Je me rappelai qu’il était attachant et adouci mon ton.

– Monsieur, je suis attendu par ma femme et n’ai pas le temps de discuter mais reprenez votre argent, je n’en veux pas.

Il explosa à nouveau de rire, un rire presque machiavélique qui me fit froid dans le dos et me rappela la première fois que je l’avais surpris à rire de la sorte, lorsque nous nous sommes serrés la main.

Il me coupa dans mes pensées.

– Trop tard. Il faut apprendre à écouter les personnes qui te parlent et aller au-delà des apparences, vous êtes tous beaucoup trop égoïstes à partir du moment où vous obtenez votre petite vie, votre petit boulot et votre femme qui vous attend à la maison chaque soir.

– Je ne comprends pas ton discours vieillard, mais tu commences doucement à m’inquiéter. Où veux-tu en venir ?

– Lorsque tu es venu ici ce lundi soir ; tu t’es assis là à cette place et tu me regardais avec dédain, alors que je te faisais des compliments. Je t’ai dis que tu étais élégant, que tu avais fière allure et que j’admirais la classe avec laquelle tu t’adressais au serveur, la grâce avec laquelle tu avais fait ton entrée dans le bar. Tu ne m’écoutais pas, alors je me suis dit. “Qu’est ce qui peut intéresser un homme de ton genre”. Tu ne m’as pas écouté, jusqu’à ce que je te parle d’argent.

C’est alors que le début de la conversation du lundi me revint, ainsi que toutes les images de la semaine, qui défilèrent. Mon manque de classe à table, dans mes conversations, dans ma manière de traiter les femmes, les serveurs… Le vieillard avait commencé à me proposer 500€, mais pas pour un objet sans valeur.

Il reprit.

– Je t’ai demandé si tu pouvais me conseiller pour devenir aussi distingué que toi, mais tu ne m’écoutais pas. Pourquoi discuter avec un homme aussi pauvre et sale que moi. Vous les hommes, êtes tous vénaux, seul l’argent compte et les femmes. Je t’ai donc proposé de t’acheter ton savoir-vivre pour 500€. Tu rigolais et me prenais pour un fou. Tu as fini par accepter en me donnant ton prix, 5.000€. J’espère que ces 5.000€ te suffiront à pallier ton manque d’écoute et te feront comprendre que certaines valeurs et manières de se comporter valent bien plus que la richesse. Je ne sais pas si tu l’as remarqué lors des derniers jours, mais un homme sans classe, sans raffinement n’attire le regard et la sympathie de personne, ne peut séduire aucune femme et ne se fait pas respecter.

Il s’en alla et je lui trouvais une belle allure.

Il m’avait acheté mon élégance.

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